Zero Hunger

Gagner la confiance du SDF : premier défi à soulever à chaque rencontre

Une personne endormie dans un coin isolé, sous des cartons, frissonnante de froid, et à quelques pas se trouve une autre, à peine réveillée, balayant l’entourage de ses yeux; donnant l’impression d’être envahie par la bouée  du trafic. En s’approchant de lui, il recule et refuse tout contact faisant preuve d’une immense peur et non confiance.

    Situation devenue banale pour la plupart d’entre nous, lors du passage à la rue du bon matin. Or cet état de solitude et  d’angoisse est dû à plusieurs facteurs.

La rue abîme  les âmes …

    Au fil du temps, la rue abîme ceux qui y vivent  et chaque SDF devient de plus en plus seul dirigeant toute son énergie  pour vivre et survivre. Survivre en terme de nourriture et la recherche continue d’un coin adéquat pour y passer la nuit, et vivre en supportant la violence d’une société dont il se sent exclu, en tolérant le manque d’intimité et la perte d’estime de soi progressivement.

    Ce défi, vécu par les SDF quotidiennement, coupe tout contact avec le monde et rend très complexe d’établir les relations avec  toute personne leur proposant l’aide.

Et si on changeait d’égard ?…

    La rue n’est pas, seule, la coupable car les personnes qui se portent volontaires pour aider les SDF ont, eux aussi, leur responsabilité dans la crainte sentie par les sans-abris vis-à-vis de  leurs propositions d’aide.

    Ces bénévoles, malgré leur bonne foie face à une personne de la rue, éprouvent plusieurs sentiments confus voire contradictoires : le gêne, la compassion, la méfiance, la tristesse, la peur… et le corps  devient un miroir de toutes ces émotions très visibles et très interprétées par la personne SDF ce qui rend souvent sa réaction négative.

Changer de posture…

  •  Avoir l’envie de rencontrer ces personnes  en état difficile avant l’envie de les aider.
  • S’attendre à ce que son aide soit refusé ou même inutile.
  •  Garder son caractère de simple riverain proposant l’aide au lieu de jouer le rôle de professionnel avec un stylo et un papier.
  •  Laisser le temps suffisant à la personne de s’ouvrir sans forcer la confidence. Certes, ils ne révèlent leurs vrais soucis qu’après de multiples rencontres et discussions.
  •  Tenir ses promesses dans le délai le plus bref, en cas de propositions d’aide à court terme.
  •  Conférer une grande attention à son interlocuteur, à chaque geste, à la moindre parole car un simple mot ou  sourire peut écarter une grande précarité.
  •  Raconter sur soi au fil de la discussion pour favoriser l’effet d’échange.

Et si on agissait ?…

    C’est assez simple de parler à son jardinier qu’on ne connaît pas, à son voisin du 4ème étage qu’on ne croise qu’une fois par mois, alors pourquoi pas le faire avec son voisin du trottoir ?

Soyez sûrs que ce n’est pas aussi négligé que vous le pensez, peut être qu’il a besoin juste de parler..

Article par: Zahra Amzoug.

Etudiante en première année cycle ingénieur en sciences géomatiques et topographie à l’IAV.

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