solidarity

Au Maroc : On ne devient pas bénévole, on le redevient.

Qui a dit que le bénévolat n’était qu’une mode du 20è siècle ?

Si au Maroc l’importance des associations n’a été reconnue qu’en 1958, et que l’économie sociale et solidaire n’a pris sa forme structurée et organisée qu’à partir de l’année 2000, le bénévolat est loin d’être une pratique récente des marocains. La culture de solidarité et de travail collectif sont présentes depuis la nuit des temps sous des pratiques ancestrales et vont de pair avec les fondements religieux de la population.

 

D’une région à l’autre, les formes de participations collectives étaient diversifiées. L’exemple le plus remarquable est la touiza, qui était l’opération la plus répandue dans le milieu rural, constituée en une sorte d’organisation qui incitait les membres d’une communauté à s’entraider pour la moisson, la cueillette des olives et des dattes, l’aménagement d’un chemin, la construction d’une maison, l’aide aux personnes âgées etc. Son objectif était de servir l’intérêt d’une seule personne ou même d’un groupe de personnes sous la tutelle de la jmaâ, une autorité centrale qui assurait la pérennité de l’esprit de la coopération entre les individus. La participation des individus, dans les anciennes formes d’activités, était en quelque sorte impérative dans le sens où leurs identités étaient étroitement liées à leurs actes sociaux : ne plus respecter ces pratiques leurs faisait perdre leur place au sein du groupe.

 

Malgré cela, il ne faut pas nier le fait que les travaux collectifs que menaient nos anciens concouraient au renforcement des liens sociaux et à la lutte contre toute forme d’inégalité. Le fonctionnement des anciennes opérations de solidarité a donc de fortes ressemblances avec le bénévolat tel que l’on connaît aujourd’hui.Peu à peu, avec la mise en place des programmes d’ajustements structurels à partir des années 80, ces habitudes furent oubliées et remplacées par des systèmes d’entraide plus modernes, à savoir : les coopérations, les associations, les fondations et les mutuelles. Une réincarnation du bénévolat, sous une autre forme.

Article par:Kawtar Outaleb.

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